Le timing en relations presse : l'autre moitié du travail
On parle souvent de la qualité d'un communiqué de presse et de la pertinence des contacts. Rarement du timing. Et pourtant, c'est parfois lui qui fait toute la différence !
La vie des journalistes n'est pas un long fleuve tranquille.
Avant d'envoyer quoi que ce soit, il faut se poser une question simple : est-ce que mon interlocuteur est disponible en ce moment pour recevoir mon sujet ?
Et la réponse est souvent … non ! (pour des raisons qu'on oublie facilement depuis son bureau).
Exemple concret : le Festival de Cannes, qui se tient en ce moment même. Chaque année, environ 4 500 journalistes obtiennent leur accréditation pour couvrir l'événement. Sur place, la pression est intense, les journées épuisantes, le rythme impitoyable.
Ma stratégie pendant la quinzaine cannoise ? Leur ficher une paix royale ☺️
Mes sujets musique ne sont pas au cœur de leurs préoccupations. Un communiqué ou une relance envoyés pendant cette période atterrira directement aux oubliettes.
Les fenêtres fermées (elles sont plus nombreuses qu'on ne le croit)
La Fashion Week fonctionne sur le même principe : quatre sessions dans l'année où les rédactrices des magazines féminins sont totalement hors d'atteinte. Autant de périodes à éviter si vous travaillez avec ce type de médias.
Même logique pour le mois des fiertés en juin. C'est peut-être le moment où vous collez le mieux à la ligne éditoriale d'un média queer — et pourtant, ces rédactions sont débordées…
Au-delà des événements, on peut également citer les grandes périodes de l’année où il est compliqué de se faire une place : les semaines autour de Noël, le mois d’août (et en réalité dès juillet, les médias liquident leurs contenus de l’année et tournent moins. Ils seront moins enclin à faire de la place à la découverte) et les périodes de vacances scolaires sont moins fécondes…
Une seule règle : anticiper.
Côté client : on s’adapte 🤷🏻♀️
Jusqu'ici, on parle d'agenda médiatique. Mais le timing concerne aussi l'agenda du client.
J'ai récemment travaillé avec un artiste bien identifié du grand public, qui revenait avec un projet musical novateur et réussi. Problème : moins d'un an auparavant, il avait déjà réalisé une grosse campagne de relations presse.
Deux réalités ont été difficiles à entendre pour lui et son label.
→ La première : un média qui vous a déjà interviewé ne vous redonnera pas la parole quelques mois plus tard, même sur un sujet différent.
Le délai minimum tourne autour d'un an. Et bien plus pour certains formats (le Portrait en dernière page de Libération, par exemple, c'est plutôt quatre).
→ La deuxième : la surexposition ferme des portes au-delà. Des médias qui ne l'avaient même pas interviewé ont passé leur tour. Trop vu, plus d'inattendu, plus de désir d'y consacrer un sujet.
Le timing se travaille en amont
C'est pour toutes ces raisons que le timing est un des premiers sujets que j'aborde lors d'un nouveau projet.
Mon rôle ne se limite pas à envoyer des communiqués et relancer des journalistes. Il consiste aussi à lire l'agenda — celui des médias, celui du client — pour identifier le moment où tout peut s'aligner. Parfois, cela signifie décaler une sortie de quelques semaines. Parfois, cela signifie renoncer à certains médias pour cette campagne, et les garder pour la suivante.
Ce n'est pas toujours facile à entendre. Mais quand le moment est le bon, les résultats sont là.
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